Mai 2011

LA CONDITION HUMAINE

La pensée humaine fonctionne de façon linéaire. Elle va d'un point à l'autre. Elle passe comme une caméra qui fait un plan latéral et filme tous les objets et les personnages qui s'y trouvent, l'un après l'autre. La caméra élargit sa lentille, elle fait un gros plan sur un objet en particulier, puis elle continue à enregistrer ce qu'elle voit. Une image à la fois, une pensée après l'autre.

La raison pour laquelle la souffrance perdure dans tous les systèmes et toutes les sociétés depuis de nombreux millénaires est à cause de la nature même de la pensée humaine qui est toujours partielle et limitée. On dit qu'une solution proposée pour résoudre un problème devient elle-même partie intégrante du problème après quelque temps.

La souffrance vient de l'incapacité de la pensée humaine à trouver des solutions qui incorporent une vision à 360 degrés qui aura des effets omnidirectionnels. L'être humain essaie continuellement de diminuer sa souffrance. Il cherche à établir l'ordre dans ses sociétés, à être prospère, à vivre en santé. Il veut éduquer les générations montantes pour qu'elles perpétuent les valeurs et les coutumes qui ont montré être efficaces. Malgré ses efforts, la souffrance et le malheur traversent les générations.  La douleur, la violence et les lamentations n'ont jamais cessées au cours des siècles.

Il a fallu des millénaires pour concevoir et bâtir les systèmes de notre époque moderne, là où l'éducation est disponible à tous, où la démocratie permet le renouvellement des tendances de la société, où l'égalité des chances existe. Il a fallu tant de siècles pour mettre fin à l'esclavage, pour cesser l'exploitation des enfants, pour offrir un peu de sécurité aux personnes âgées, pour rédiger la charte des droits et libertés, pour faire accepter l'idée de l'égalité entre homme et femme, pour bâtir l'ONU, etc. La pensée scientifique est elle-même une éclosion surprenante qui n'avait pas été prévue par les philosophes antiques.

Mais malgré l'apparition de cette nouvelle pensée et le développement de l'ordinateur et de l'Internet, la souffrance continue. Elle s'est transformée, elle a mutée, elle a pris d'autres formes. La domination des pauvres est maintenant entre les mains de l'industrie. Le salaire horaire est une nouvelle forme d'esclavage. La force des médias pour manipuler l'opinion publique et l'apparition de l'économie globale sont des éléments qui bouleversent l'humanité de bien des façons. La surconsommation de médicaments mine la santé alors que la science offre l'espoir de résolution de tant de problèmes. La destruction des traditions ancestrales déracine la stabilité émotionnelle des peuples. La peur d'être envahi par les banques internationales équivaut à la peur d'être envahi par un despote politique. La corruption organisée, les criminels instruits, le pouvoir des cartels de la drogue, les systèmes d'espionnage perfectionnés, tant de choses qui bouleversent notre sécurité. Que dire du renouveau de la pensée sectaire religieuse, de l'orgueil politique, de l'égoïsme écologique, de l'accumulation de fortunes excessives, du désir de pouvoir sans restriction, de la vente des armes, de la pollution tout acabit? Toutes ces choses montrent les limites de la pensée humaine, les limites du génie humain en tout domaine.

Où trouvera-t-on de réelles solutions aux situations urgentes qu'a engendré l'intellect humain en voulant découvrir le bonheur et assurer la perpétuation de la race? La pensée est humaine, cela va sans dire et nous ne pouvons pas vivre comme le font les poissons et les oiseaux. Les insectes et les animaux ne font pas d'erreur dans leurs comportements. Les arbres suivent les lois naturelles et ils ne débordent pas leur cadre d'action. Le propre de l'humanité est qu'elle possède la pensée et celle-ci lui cause beaucoup de problèmes, semble-t-il. Elle lui donne tous les espoirs et lui fait vivre tous les désespoirs. La pensée invente des solutions intelligentes pour toutes sortes de situations et elle conçoit aussi des solutions désastreuses pour autant d'autres situations. Elle met en place des projets fabuleux, elle conçoit des idéaux formidables, elle fabrique et met en système l'efficacité de l'action et de l'intelligence. Elle fonde l'art et construit la culture qui placent l'homme au sommet de toutes les créatures par son pouvoir d'appréciation de la beauté et de création de la beauté. Les civilisations qui ont vu le jour au long des millénaires ont donné expression à l'âme humaine, elle qui tient du divin, qui aspire à la sagesse éternelle et qui envie l'harmonie de la nature.

Mais à quoi sert-il de tant oeuvrer, de construire et de détruire tant de civilisations si jamais nous n'avons accès à la Vérité universelle, si nous sommes en perpétuelle lutte intérieure et déchirés par des passions, par des ambitions, torturés par la force de nos destins collectifs, et parfois même poussés à faire des choses cruelles pour, soit disant, fonder l'ordre dans nos sociétés ou pour vivre dans une apparente sécurité fondée sur l'accumulation de biens matériels et sur la joie temporaire des divertissements? Comment l'homme va-t-il connaître le bonheur finalement? Est-ce même possible puisque la nature de la pensée est de rechercher le bonheur dans des instants qui passent?

Jusqu'à maintenant, les solutions qui ont été conçues par la pensée ont été purement idéologiques. De siècle en siècle, étant foncièrement insatisfaits de quoi que ce soit, on a pensé de nouvelles réformes de la pensée. De nouvelles théories sociales ont vu le jour, de nouvelles théories économiques sont devenues la tendance de la décennie, de nouvelles interprétations des textes sacrés ont été popularisées. On a pensé de nouveaux systèmes politiques. On a donné vie à de nouveaux idéaux et on les a mis en pratique. Ces nouvelles choses durent tant et aussi longtemps qu'elles peuvent offrir de l'espoir. Mais un jour, à force d'épuisement, ces visions meurent et les mots qui inspiraient les intellects perdent leur signification. De nouveaux mots voient alors le jour, qui portent en eux la nouvelle graine de l'espoir. De nouveaux chefs voient le jour qui portent en eux l'espoir des citoyens pour un bonheur renouvelé. De nouveaux moyens d'administrer le bien commun naissent et donnent un sens au labeur quotidien et à la routine des jours et des nuits. La liberté humaine qui consiste à penser quelque chose de nouveau n'est qu'un mélange nouveaux des anciens concepts puisqu'il n'y a fondamentalement rien de nouveau sous le soleil. Dans la nature, il y a déjà le communisme, le coopérativisme, la socialisme, le démocratisme, le monarchisme, et même le totalitarisme de la loi naturelle incontournable. Tout existe déjà quelque part dans les fonctionnements de la nature et l'être humain ne fait que tester un aspect puis un autre des moyens unifiés qu'utilise la nature. L'être humain n'a pas encore été capable de concevoir un système politique qui comprendrait et satisferait tous les modes d'administration simultanément.

Maharishi a réussi ce tour de force. Il a perçu et conçu et expliqué et construit un système politique d'automatisation dans l'administration, c'est-à-dire un système politique qui fonctionne comme la nature le fait, sans bruit, et qui va satisfaire tout le monde à la fois, et réaliser tous les idéaux de l'économie, du commerce, du partage de biens, de la liberté d'action et de pouvoir, de la croissance maximale, de protection des racines du passé, un système offrant la stabilité inébranlable d'un état invincible et qui garanti sans effort la justice sociale, l'éducation pour tous, la sagesse spirituelle et le génie créateur sans précédent, etc.

Jusqu'à maintenant aucun système n'a satisfait l'humain ni créé de société idéale. Jusqu'à maintenant aucune religion n'a pu établir le royaume de la paix divine nulle part, pas même dans un seul petit village, ni même dans un seul petit monastère. La pensée humaine a toujours été le siège de tous les désordres humains, de la violence, de la jalousie, de l'envie, de l'insécurité, de la peur, de l'avarice, de l'orgueil, etc. On a eu beau enseigner la valeur de « penser le bien et rejeter le mal » dans tous les jeunes cerveaux de l'humanité, cela n'a jamais fonctionné. Le mal s'est perpétué dans tous les siècles et la route du paradis est jonchée d'enfers de toutes sortes. Les paroles de Dieu n'y ont rien changé. Dieu a confondu la pensée humaine en offrant plusieurs versions de son enseignement universel et ses paroles mêmes sont remplies de contradictions sur lesquelles la pensée humaine se querelle depuis des siècles pour en déterminer les vraies significations.

La pensée de l'homme, pourtant si intelligente, et capable, par exemple, de construire des ponts eu dessus de larges fleuves, utilisant une technologie qui aurait été inimaginable il y a même une décennie, cette pensée qui fait tourner autour de la terre des satellites qui nous filment et nous informent de l'univers galactique, cette pensée est incapable de trouver le bonheur, de savoir en quoi consiste la santé, elle est impuissante pour aimer par dessus tout.

Existe-t-il une solution à la condition humaine?

Transcender la pensée et établir l'esprit actif au plan de la conscience en silence, voilà ce que Maharishi propose. Il offre la technique de cette transcendance dont les plus grands sages des générations passées ont parlé, mais qui n'était pas disponible ou qui a été confondue avec toute autre chose philosophique et religieuse. Maharishi dit : « transcende l'activité de la pensée et découvre l'état de l'Être, la vigilance en repos profond. » Puis il conclue : « établis-toi dans cette expérience de manière permanente. Tu pourras alors penser tes pensées tout en gardant contact avec la vision infinie de la conscience transcendantale. »

Telle est l'unique solution recherchée au cours des âges, le réel idéal qui fuyait devant nous et que nous considérions comme « utopique. »

Maharishi a trouvé cette unique solution. Il l'a reçue de son Maître spirituel et il l'a acceptée.

« Lorsque j'ai vu que cette solution existe, il fallait que je la fasse - « I had to do it. »