# 21 - Juillet 2010
LE GRAND DÉBORDEMENT DE L'ÊTRE
L'expérience répétée de la conscience transcendantale, [la vigilance en repos profond, l'état le plus simple de la conscience] durant la pratique de la Méditation transcendantale amène le développement spontané d'un état d'illumination de la conscience. Ce premier état [le premier de trois états supérieurs de la conscience] porte le nom de « conscience cosmique. »
La conscience cosmique [la cc] est caractérisée tout d'abord par sa permanence et ensuite par la nature de son état, c'est-à-dire la découverte et la réalisation de la nature absolue de l'Être intérieur, la pure conscience transcendantale. Avant que la réalisation de ce premier état permanent d'illumination ne soit stabilisée dans le fonctionnement du système nerveux, la vie relative paraissait tout à fait réelle alors que l'état de l'Être transcendantal était totalement inconnu.
À partir de la conscience cosmique (la cc), il se produit un renversement radical dans la vie de tous les jours puisque désormais, c'est l'Être qui sera plein alors que le relatif devient presque totalement vide et insignifiant. Ce n'est que beaucoup plus tard dans l'évolution qui va suivre que le relatif sera perçu dans sa dimension céleste, remplie de lumière et d'intelligence.
L'état de conscience cosmique, comme Maharishi l'explique, se développe par l'alternance de l'expérience de la méditation et de l'activité quotidienne. La M.T. fait que l'attention quitte la perception des phases relatives de la vie et qu'elle fait l'expérience des états silencieux de la conscience, jusqu'à rejoindre l'état de l'Être transcendantal. Après avoir alterné des milliers de fois la pratique de la méditation avec l'activité quotidienne, l'état de l'Être devient connu et stabilisé dans le fonctionnement du système nerveux.
L'Être est alors connu de façon naturelle et permanente et c'est cet état qui s'appelle « la conscience cosmique. » Cette conscience est remplie de sa propre nature, qui est l'infini, l'Absolu. À partir de la cc, le relatif devient totalement séparé de la conscience de l'Être. Le relatif se tient totalement en dehors de l'état de l'Être.
Avant la cc, l'Être était voilé par l'activité de la pensée et de la perception sensorielle. Il était totalement caché. Maintenant que l'Être est connu au niveau de la conscience transcendantale, le relatif et l'état de l'Être vont coexister. Ni l'un ni l'autre ne va effacer ou recouvrir l'autre. Dès que la conscience cosmique arrive, on perçoit qu'un fossé infini existe entre le relatif et l'Absolu. Il s'est formé un espace infranchissable, semble-t-il, entre le relatif (changeant) et l'Être (non changeant).
La vie relative, en conscience cosmique, se vide de toute signification profonde. Cela fait réellement contraste avec la situation qui était celle d'avant la conscience cosmique car depuis notre naissance, nous avons été totalement habitués à croire que la vie relative est le réel. L'infini entre dans le champ de la conscience, il apparaît en soi pleinement et les bonheurs relatifs s'écroulent. Le silence remplit la profondeur de la conscience qui s'arrête d'être active. On découvre alors que la vie relative n'était que des vagues allant dans toutes les directions, s'annulant, s'additionnant, au gré des vents de l'énergie de la création.
Sur le fond de la conscience pure, apparaît l'Être, et il apparaît tel un océan majestueux, insondable, complet, illimité. La surface des choses n'est que mouvement incessant et instable. Le relatif qui était toute la vie avant la conscience cosmique, perd toute son importance. Qui va vouloir donner sa vie pour attraper un dollar qui vole au vent s'il possède un trésor chez-lui? L'enfant abandonne les jouets de son enfance lorsqu'il grandit et découvre d'autres plaisirs et d'autres jeux beaucoup plus importants que ses poupées et son carré de sable.
On découvre que le relatif, lequel est pourtant le théâtre de la vie et de la mort, le territoire où l'on construit les civilisations humaines, lui qui paraissait si vivant, si important, si vibrant, si intense et si vrai, n'a pas de vitalité en lui-même et qu'il emprunte de nulle part son apparence de dynamisme. Sans la main qui la fait fonctionner, la marionnette est inerte. Le relatif est telle la lune qui brille uniquement parce que le soleil lui prête ses rayons. Laissée seule à elle-même, la lune est sombre et perdue dans les ténèbres de l'espace.
Le relatif est un pâle reflet, encore que totalement artificiel, de la vitalité de l'état de l'Être. C'est ce que la conscience cosmique nous apprend. Le relatif est un mirage du réel. Le réel est l'état de l'Être, la totalité, l'Origine, la Source de l'existence. Le monde phénoménal est vraiment sans vie. Il avance et progresse, poussé par des forces tout à fait mécaniques, appelées «le Karma. »
Le monde phénoménal présente une illusion presque parfaite du bonheur. Sans l'expérience de transcender la pensée et sans sortir du jeu de la perception sensorielle, le mirage des bonheurs relatifs est presque impossible à déjouer. Des milliards d'êtres humains sont prisonniers des illusions causées par la pensée et la perception. Parce qu'ils ignorent ce qui transcende la perception du monde phénoménal, ils ressemblent à ces anciens qui croyaient fermement que le soleil se lève et se couche, quand c'est la planète terre qui tourne et donne cette impression de mouvement à l'astre solaire. Des milliards d'humains ne savent rien de ce qui transcende les trois premiers états de la conscience, la veille, le rêve et le sommeil profond.
Dans le grand théâtre de la vie relative nous sommes des acteurs qui ignorent qu'ils jouent un personnage et se chamaillent sur la scène du monde. La vie relative est si diversifiée, si vaste, si envoûtante qu'elle présente l'image du symbole du labyrinthe dont aucun homme ne semble être capable de trouver la porte de sortie. Quoi que l'homme fasse, qu'il vive ou meure, qu'il soit ici ou dans un quelconque paradis post-mortem, qu'il soit actif ou passif, érudit ou ignorant, pacifique ou violent, intelligent ou simple d'esprit, religieux ou totalement matérialiste, qu'il soit heureux et riche ou malheureux et pauvre, tout ce vécu ne lui fait jamais découvrir la porte de sortie de cet immense labyrinthe où même les elfes, les anges et les esprits paradisiaques sont eux-mêmes prisonniers. Ne dit-on pas que dans les paradis, les âmes prient encore jour et nuit pour la perfection, et que « ce monde-ci » est celui de Satan, le roi de l'illusion, celui qui garde l'homme hypnotisé à l'espoir de faux saluts?
Peu de gens percent le mur de leur propre ignorance sans s'arracher les ongles sur la muraille des croyances de tous ordres, et sur le roc des conformismes de la pensée humaine. Le relatif offre sans fin l'espoir du bonheur, mais l'image qu'il projette ne peut jamais être saisie puisqu'on l'aperçoit uniquement sur le miroir de nos rêves intérieurs. Cette image, on voudrait bien la saisir, la faire sienne, pour son bonheur, pour son épanouissement, mais elle est évanescente, irréelle. Même quand on l'observe attentivement, elle semble réellement posséder le mouvement de la vie au point où nous pourrions jurer que c'est l'expérience de l'Être qui est un rêve, une sorte de chimère spirituelle. Pourtant, ne sait-on pas que, quelle que soit l'intensité de nos efforts pour résoudre les problèmes du monde, nous n'y réussissons jamais et l'épanouissement court toujours au devant de nous sans que nous ne puissions jamais le saisir. À tout moment, le souffle des événements peut faire chavirer la barque de nos plus grandes réalisations artistiques, politiques, économiques ou autres. N'a-t-on jamais appris que l'intellect humain n'a jamais livré ses promesses ni solutionné la misère du monde, ni résout la maladie, la violence et l'injustice ? Des civilisations ont été construites et d'autres détruites sans que l'épanouissement humain ne soit jamais réalisé, indépendamment de tous nos efforts.
En conscience cosmique, lorsque l'Être brille enfin de manière permanente en soi, alors on a mis le doigt sur le miroir lui-même et on s'est rendu compte que les images qui y miroitaient étaient illusoires. Seul le miroir est solide. Pendant des années, des décennies, des siècles, on a ignoré l'existence du miroir de la conscience profonde, celle qui se cache derrière les phénomènes de la vie relative, l'état transcendantal. Même ceux qui cherchaient Dieu le faisaient à l'intérieur de leur pensée, en bâtissant des croyances, en développant de plus fortes convictions intellectuelles et émotionnelles, en s'adonnant à la pratique des vertus et des rituels, mais sans jamais sortir du labyrinthe de la relativité de l'existence phénoménale. Nous avons pourchassé sans relâche les images qui apparaissaient en surface de la conscience. Grâce à la technique de transcendance, la Méditation transcendantale, la connaissance de la vérité n'est plus un point de vue qui surgit dans l'intellect d'un individu. Elle sort de l'omniprésence de l'Être, lui qui touche aux quatre horizons de l'Absolu. Le visage de l'ignorance est démasqué. On découvre, à notre grande surprise, que le relatif est un mort vivant, une créature fantomatique qui va et vient, qui fabrique des événements de toutes sortes, qui joue aux échec avec les pièces humaines et brasse les cartes du destin du monde. Ce spectre est une girouette bruyante, mais sans vie, qui tourbillonne dans la tempête de l'ignorance mondiale.
Prenons l'exemple d'un écran de cinéma. Le film paraît réel, mais personne ne se rend compte que c'est l'écran qui permet au film d'être vu. Si quelqu'un retire l'écran sur lequel toute cette prétendue vie se découle, les images se perdront dans le vide. Même si le ruban du film continue de tourner dans le projecteur et que le rayon de lumière est lancé dans l'espace, il ne produira plus jamais d'images visibles car l'écran a été retiré. Lorsque l'écran sur lequel toute notre vie et celle de tous nos semblables est totalement caché par le film lui-même, alors le déroulement du film paraît être l'unique vérité et l'unique réalité. Mais cette prétendue vie n'est qu'un mime de la réalité.
Nous sommes convaincus que le bonheur doit exister quelque part, que la paix mondiale doit être possible si nous la mettons en place, que la justice est à notre portée si nous lui donnons les bonnes structures, que l'économie pourra un jour créer l'abondance pour tous si nous la gardons entre de bonnes mains, que la science va modifier nos gênes défectueux et nous soigner de nos maladies, que la nature sera préservée par nos institutions politiques et que le Dieu de notre religion va nous donner la paradis à la fin de nos jours, mais ces idéaux apparaissent dans nos esprits uniquement parce que nous ignorons l’expérience intérieure de l’Être. De tels idéaux seront pour toujours irréalisables si nous les pourchassons hors de soi afin de les établir dans la société.
Avec l'apparition de la conscience cosmique, l'éveil de l'Être devient notre conscience permanente et l'illusion du réel à l’intérieur de la vie matérielle est brisée. Lorsqu'on rêve la nuit, on est certain que tout ce qui s'y déroule est vrai. Mais il suffit de s'éveiller un peu et voilà que le rêve montre sa vraie nature. Il est illusoire. Il n'a aucune réalité. Il était vrai dans un état de moindre éveil de la conscience. Nous pourchassons l'épanouissement depuis des millénaires et il n'est jamais venu, sauf sous la forme de bonheurs d'occasion.
L'humanité entière dort debout. Elle fait un rêve qui s'appelle la vie relative. Il faut que quelqu’un vienne secouer le lit du sommeil de l’humanité et lui donner un éveil plus grand. L’expérience de la conscience transcendantale met en pièce l'illusion de la réalité relative. Le mirage de nos nombreux idéaux est enfin perçu pour ce qu'il est, un gigantesque fantôme qui marche et parle, qui fait la guerre, qui procrée, qui bâtit des civilisations et cherche le bonheur, qui prie, qui pleure, qui se pend aux cordages de la déception et de l'espoir.
Toute l'activité humaine, avec sa réalité, sa force, son intensité, ses idéaux, se déroule dans la nuit de nos rêves. Nous sommes pourtant certains que ce qu'on nous a enseigné depuis notre naissance est le réel. Mais, en vérité, tout cela n'est qu'un film sur l'écran de la conscience qui s'ignore elle-même. Nous participons chaque jour à la danse des morts vivants, convaincus que le tigre des événements va nous dévorer et qu'il faut se sauver de ce monstre cruel et sauvage. Les textes des Upanishad de l'Inde antique déclarent que ce qui est le jour pour l'homme ordinaire est la nuit pour le sage et que ce qui est éclairé pour le sage est une nuit pour l'homme ordinaire.
Voilà pourquoi il est si nécessaire de s'éveiller de son rêve. Pour cela, l'Être doit être amené au premier plan de la conscience. Car le relatif ne présente que des formes éphémères insaisissables, des projections de la pensée. Il n'offre que des mirages d'espoirs.
Pour l'Être lui-même, qui est la conscience totalement éveillée, l'univers a toujours été un superbe et radieux tout. L'univers a toujours été unifié, mais pour les participants du rêve cosmique, pour nous les humains, et pour toutes les autres créatures aussi, il en est autrement. Parce que nous ne sommes pas éveillés à la conscience qui transcende les phases relatives de l'existence, partout nous voyons la division, les oppositions, les conflits, la diversité. C'est cela qui domine notre esprit. C'est pour cette raison que nous croyons que la « raison » différencie l'humain des espèces animales. Nous pensons. Nous réfléchissons. Nous avons besoin de penser énormément car nous sommes ignorants de tout. Nous sommes séparés de la perception intérieure de la nature. Nous avons perdu contact avec l'harmonie universelle et nous devons tout intellectualiser, ce qui nous donne l'impression de comprendre les choses de la vie. Mais à cause de notre ignorance de l'Être, nous engendrons du stress partout et nos solutions deviennent vite de nouveaux problèmes. Nous sautons d'une solution à l'autre sans rien résoudre.
Les participants du jeu de l’univers vivent dans un monde qui leur est très personnel. Nous tous, qui sommes enfermés dans la création et dans la prison de notre esprit et de nos conditionnements, nous qui n'avons pas pris conscience de l'état de l'Être parce que ce dernier est totalement caché derrière les phénomènes mentaux et sensoriels, nous qui n'avons jamais pris une distance par rapport à la perception de notre réel, nous qui ne nous sommes jamais retirés des images qui apparaissent sur l'écran de notre esprit conscient, nous vivons dans la bulle de notre subjectivité. Nous accordons à nos rêves un sens de réalité ferme. Nous nous ignorons nous-mêmes mais nous prétendons tout de même inventer la science et la philosophie.
L'être humain est « croyant ». Il se croit. Il croit ce qui apparaît sur son esprit. Il croit ses propres pensées, ses perceptions, ses points de vue. Il est conditionné et totalement identifié au monde perçu, aux sensations qu'il ressent, à ses mémoires, ses croyances, ses convictions, ses désirs, ses passions. Par force d'éducation, il est entré parfaitement dans la culture qui l’entoure et il a adopté les modes de pensées de la civilisation de son époque. Il est devenu un croyant. Il est une machine bien programmée, fonctionnant dans un univers qui est un rêve lui paraissant absolument réel.
Il se sent prêt à donner sa vie pour son gouvernement, pour son Dieu, pour sa communauté, pour défendre ses valeurs. Il est prêt à travailler 50 heures par semaines pour s’épanouir, pour devenir quelqu'un dans cette société où il est né et où on l'a parfaitement programmé à croire que « tout ce qui l’entoure, surtout les valeurs de sa société, est le réel. » Il est prêt à se rendre malade pour être heureux. Il est prêt à tuer des ennemis pour ce qui lui tient à coeur. Il ignore que ce pour quoi il donnerait sa vie, ne voudra plus rien dans dix ans et que ses successeurs défendront dans peu de temps une autre cause qui n’aura plus rien à voir avec la sienne. Il aura perdu sa vie pour un rêve. Il a déjà abandonné toute liberté face à lui-même, face à ce qu'il pense, ressent, vit, désire et rêve. Il est assis dans le bolide de son propre rêve qui file à haute vitesse sur la piste du rêve collectif. Les humains recherchent le bonheur, tous se rendent fous pour le trouver et sont prêts à payer n'importe quel prix pour l'obtenir. N'importe quelle propagande bien organisée cause un hypnotisme général dans la population.
Voilà pourquoi chacun de nous est si important pour lui-même. Ce que nous ressentons est intensément réel. Voyez le sommeil profond, par exemple, il est si intensément réel que nous y mourons chaque nuit. Nous disparaissons totalement dans cette ignorance de la nuit inconsciente, emportant dans ce néant les personnes et les causes qui nous sont les plus chères. Voyez, en conscience cosmique, l'éveil intérieur de l'état de l'Être dure 24 heures sur 24. La conscience de l'Être ne peut jamais disparaître et l'illusion du sommeil profond, cette incroyable perte d'expérience est totalement dévoilée. L'inconscience de la nuit est une fausse inconscience. Elle existe par manque d’éveil de l’Être. Comment l'Être qui est une conscience immortelle peut-il être complètement effacé chaque nuit durant le sommeil profond ? De la même manière qu'il est effacé toute la journée. Par ignorance ! Par manque de développement du système nerveux qui n’a jamais appris à fonctionner de façon plus subtile. Notre système nerveux ne produit uniquement que trois des sept états de la conscience, l'éveil actif, les rêves et le sommeil sans expérience. Il est sous développé parce qu’il n’a pas reçu une éducation qui incluait les techniques du développement de la conscience, la Méditation transcendantale et ses techniques avancées.
Les hommes des millénaires passés projetaient, tout comme nous le faisons, leurs rêves qui devenaient leurs idéaux les plus élevés et les plus nobles. Ils construisaient leurs sociétés comme un arbre s'élargit et fait pousser de plus en plus de branches et de rameaux. Ils s'inclinaient dans les temples inventés par les religions, priant devant l'unique Dieu de leur foi, ignorant que leur religion allait disparaître et être remplacée dans quelques siècles. Mais ils croyaient fermement qu'ils détenaient le vrai message spirituel et que leur voie était LA voie. Si nos ancêtres voyaient que ce en quoi ils avaient fondés tous leurs espoirs, incluant les valeurs pour lesquelles ils ont tant lutté, et leurs systèmes politiques, que tout cela est disparu et a été effacé, ils seraient révoltés d'avoir été si crédules. Eux qui étaient chargés d'espoirs¸ ils seraient maintenant remplis de déceptions et leurs sentiments seraient amers.
Nous sommes leurs descendants et nous luttons à notre tour. Nous nous engageons corps et âme dans des causes qui nous tiennent à cœur, motivés par de nouveaux rêves irréalisables. L'être humain qui ne connaît pas l'état de la conscience cosmique s'accapare psychologiquement tout ce que son esprit contient. Il est idéaliste, rêveur, il est fier d'être quelqu'un qui a des opinions et qui participe à sa société. Ses opinions sont continuellement fracassées par les croyances des autres mais il continue de lutter pour sa vérité. Il est un possesseur, un identifié, un conditionné, un perdu ou un élu, un choyé, un maudit, un bâtard, un roi, un bienheureux, un chanceux, un sauvé, un condamné, un infâme, un génie. Tout ce qu'il pense de lui-même est une illusion causée par un manque d'éveil de sa conscience.
En conscience cosmique, le charme de cette magie est TOTALEMENT rompu. Le nuage de l'illusion est évaporé. La vie relative est désormais vidée de toutes les significations insignifiantes que l'esprit individuel avait bâties. La vie relative est lavée de tout ce qui avait recouvert l'état de l'Être et l'avait fait disparaître derrière le film de l'existence phénoménale. La magie du monde phénoménal est maintenant dévoilée, mise au grand jour. La tromperie de l'existence hypnotique a été éclairée. Aucune fourberie plus grande que celle-là n’a jamais été mise à jour dans aucun siècle précédent. Cette fourberie comprend la totalité de la vie relative, puisque tout y est partiel, faux et illusoire. Le rêve de la vie relative est de faire croire que tout ce qui brille est de l'or. L'hypnotisme du conditionnement collectif s'arrête uniquement avec la transcendance lorsque la conscience pure de l’état de l’Être est retrouvée.
L'Être est alors de retour sur le tableau de la vie. L'Être est libre maintenant, éternellement libre de l'auto hypnose qui avait été la nourriture de l'esprit individuel et qui lui avait fourni tant d'idéologies. L'Être est enfin connu, plein, comblé, satisfait, stable, invincible, immortel, sans limite, sans début ni fin, ordonné, pur, parfait. Il est la pure conscience sans limite. Avec la vision de l'Être, la vie devient vivante pour la première fois. Elle est enfin branchée à sa propre source. Le soleil de l'Être projette la vraie lumière sur les choses et les éclaire correctement, pour la première fois, leur donnant leur juste valeur. La vie ne projette plus sur les objets de la perception une lumière qu'elle emprunte d’ailleurs. La vie n'est plus un reflet des choses, mais elle devient la réalité, la Vérité, l'Absolu, l'Éternel.
En conscience cosmique on ne confond plus le miroir et l'image. En cc, la conscience est libre, détachée, séparée, unifiée en elle-même, finalement rattachée à sa source en l'Être. Elle ne joue plus le jeu de l'ignorant ni de l'ignorance. Chaque aveugle ne guide plus les autres six milliards d'aveugles. La conscience connaît désormais la réalité infinie de l'existence et elle a repris contact avec son origine, l'Être. Le tourbillon des passions humaines la laisse indifférente fondamentalement. Le jeu des choses relatives a perdu ses règles artificielles, toutes inventées à l'intérieur de la folie de l'intellect humain. La conscience a finalement obtenue le statut de loi cosmique et la vie se joue maintenant à ce niveau là. La vision s'est élargie infiniment et les jouets des grands de ce monde sont désormais sans importance pour elle. Le relatif a pris sa place, il est devenu totalement relatif, il possède une importance totalement relative et ce qui est essentiel, ce qui est la vérité, est connu, enfin.
Les humains construisent des hôpitaux parce que quelqu'un a crié : « un serpent ! » Alors qu'à terre, il n'y a qu'un bout de corde, une illusion de serpent. La vie est le serpent dangereux dont il faut se protéger, disent les hommes. Ils sont ignorants que le film tragique qui se déroule sur l'écran du cinéma de leur conscience n'est pas la vérité et qu'il est inutile de lancer des tomates au bandit qui se sauve à cheval sur l'écran de cinéma.
En cc, le bonheur n'est plus un objet. On ne court plus après lui. Il est ici en soi, dans l'état de l'Être. Sans illumination transcendantale, sans la conscience cosmique, à tout le moins, et que dire des deux autres états supérieurs de la conscience, la vie relative est remplie de fausseté :
elle va au gré de la mode et des ambitions
l'homme est ignorant, même avec ses diplômes et ses prix Nobels
chacun détient sa vérité - nous sommes tous enfermés dans notre
propre tour de Babel
tous sont parfaitement conditionnés - n'est-ce pas cela l'éducation
?
personne n'est libre de son propre esprit - nous avons oublié qui a
dit : « connais-toi toi-même »
l'apparence est ce qui compte le plus au monde - la première
impression doit durer très longtemps
l'argent fait définitivement le bonheur
dormir, c'est mourir un peu - perdre
conscience, quel soulagement !
les divertissements sont à la hauteur de notre ennui collectif
nos gratte-ciels ne grattent aucun ciels - ils sont très loin
des paradis
le bonheur est un objet que l'on doit absolument acheter ou voler
ou reprendre si quelqu'un d'autre nous l'a retiré
les idéaux sont la projection extérieure de notre incapacité de les
vivre en nous-mêmes
aucun idéal n'a jamais vu le jour sur terre - l'oeuf de tout idéal
n'a jamais éclos
la vie est un champ de bataille multidimensionnel et permanent
si les riches sont forts, les pauvres sont tous faibles
pas de sueur, pas de gain
malheureusement chacun pense que c'est lui-même qui fait sa chance
- cela cause de grands malheurs aux autres
il faut oublier sa peur de la mort en travaillant sans
relâche
il ne faut surtout pas voir le temps passer
l'idéal révolutionnaire : un jour nous aurons pris la place
des riches
l'amour est libre mais il est malade
la peur de mourir fait tourner le monde à haute vitesse
certains enseignent que l'immortalité ne peut exister qu'après la
mort
après la mort personne ne sait ce qui s'y passe
une croyance religieuse endort bien des maux - la religion est
l'opium du peuple
nous ne nous entendrons jamais puisque Dieu lui-même nous a légué
des messages contradictoires
au royaume des aveugles, les borgnes sont rois
tout problème bien masqué prendra la forme d'un succès
plus on avance vers la réalisation d'un idéal et plus le mirage
s'éloigne
souffrir est un chemin vers Dieu - ridicule conclusion spirituelle
que le plus fort gagne puisque tout est compétition et ruse
comme il est regrettable que la beauté ne soit pas plus épaisse
qu'un maquillage
les civilisations sont orgueilleuses de leurs accomplissements mais
toutes sont remplacées au tournant d'un millénaire comme si elles ne
valaient rien en réalité
tous les châteaux des millénaires passés sont retournés en
poussière
la violence est glorifiée si on tue un ennemi
l'ennemi, c'est nous mêmes pour quelqu'un d'autre qui veut être
glorifié en nous exterminant
Dieu est avec nous, il est toujours du côté du gagnant, paraît-il
la raison du plus fort est toujours la meilleure
ceux qui mènent le monde sont ceux qui le méritent - les autres
sont nés pour un petit pain
il faut manipuler les masses avec intelligence si on souhaite être
élus prochainement
les chefs politiques finissent souvent en prison mais leurs enfants
sont riches dans un autre pays
lorsqu'il y a crime collectif, il suffit d'émettre des excuses
publiques, et on passe à autre chose
l'ordre social est imposé - les prisons sont remplies à craquer -
telle est la paix suggérée
nous construisons des sociétés justes et démocratiques qui vendent
des armes à toutes les autres sociétés
notre pollution recouvre toute la planète - celle des pays pauvres
coule dans un petit fossé à ciel ouvert
la science invente n'importe quoi, pourvu que cela puisse être
vendu
la justice est une vengeance bien calculée
la vérité est un point de vue bien énoncé
à chacun sa minute de gloire
nous sommes les serviteurs d'un salaire
ici nous ne souffrons pas - admirez-nous, copiez-nous et vous serez
comme nous
les pauvres mangent la nourriture que nous leur avons servie sur
les plateaux de l'exploitation
ceux qui sont très riches possèdent évidemment l'argent des autres
faire la charité est facile quand le don est déduit de l'impôt
« panis et circenses » disait Jules César - du pain et des jeux,
c'est tout le bonheur du peuple
diviser pour mieux régner - ce principe est encore vrai de nos
jours
ceux qui nous gouvernent ont mal aux dents comme nous, ils
souffrent d'insomnie comme nous, ils sont inquiets comme nous, ils
meurent comme nous, mais pour qui se prennent-ils donc entre temps?
l'inflexibilité, la rigidité, la possession du
territoire, le sectarisme sont acceptés chaque fois que ça fait
l'affaire
on se pardonne toujours ses propres péchés
tous les chemins sont justifiables pour arriver nulle part
le péché originel est inévitable - nous sommes donc condamnés
depuis le début à être orgueilleux, violents et ignorants
on souffre même quand on est heureux - même le bonheur finit par
être épuisant
l'ambition est la loi du marché - tout est permis lorsqu'on gagne
tricher, mentir, abuser, tromper et dominer sans être pris, sont
les règles du succès
les universités enseignent la perpétuation de toutes ces choses
sous un nouveau jour, le progrès moderne !
l'esclavage est de mieux en mieux payé
on dirait qu'un tyran ne vient jamais du peuple - mais n'a-t-il pas
joué au ballon dans la cour d'école lorsqu'il était enfant ?
la corruption est toujours celle des leaders - le peuple, quant à
lui, se dit blanc comme neige
c'est la faute des autres si tout va mal
il suffit d'être riche pour qu'on demande votre opinion - pour être admiré et respecté
assassiner des milliards d'animaux chaque année a bon goût dans
notre assiette - quelqu'un a-t-il parlé de non violence?
Interprétation conventionnelle : « Tu ne tueras point » s'applique
uniquement aux humains - tout le reste peut être assassiné.
la justice consiste à punir un coupable et à blanchir celui qui a
attiré à lui ce coupable
la vie est mortelle à chaque instant - il suffit d'être né pour le
savoir
la politique est un jeu et le chef est celui qui joue le mieux
la sécurité est une muraille, une armée, un corps policier, un
compte de banque ou un contrat bien signé
ce qui compte, c'est de ne jamais laisser l'autre avoir raison
En conscience cosmique, le jeu de cette vie-là est totalement inintéressant. Les règles de ce jeu-là sont fondues comme neige au soleil. Elles n'existent plus. Rien d'opaque ne peut plus recouvrir la vérité de l'Être. Il ne reste plus rien d'intéressant dans cette vie humaine qui dure depuis des millénaires, qui impose sa réalité illusoire et qui hypnotise l'humanité au complet.
Mais tous ceux qui sont hypnotisés sont d'ardents croyants. Leurs villes, leurs coutumes, leurs gouvernements, leurs religions, leurs industries, leur labeur, leurs vérités, leurs institutions, tout cela est l'expression d'une magistrale ferveur. Ce que l'être humain a pensé et bâti à partir d'un état éclipsé de l'Être, séparé de la totalité, déchiré de l'harmonie universelle, totalement hors totalité, hors contexte global, hors d'Être, hors d'harmonie, hors santé, hors bonheur est perçu comme la dure réalité et vaut plus que l'or et les paupières. Pourtant, c'est la souffrance qui a bâti tous les empires du monde. Elle les a détruits par après, et elle s'est empressée d'en construire d'autres pour remplacer les premiers qui sont habités par la même fièvre. On a toujours remplacé un tyran par un révolutionnaire qui est devenu le prochain tyran. On a toujours détruit des cachots pour vite rebâtir d'autres prisons où on enfermait ceux qui voulaient détruire ces nouvelles prisons.
En conscience cosmique, le désir de lutter s'est envolé. On n'a plus rien à faire de vouloir changer le monde par l'application d'idéaux sociaux, économiques, politiques, religieux ou autres. Il faudrait se changer soi-même d'abord, sinon l'effort est une autre illusion. Nous sommes les seuls sur qui nous pouvons agir librement.
En soi la conscience cosmique brille aujourd'hui, finalement, car nous avons pratiqué la Méditation transcendantale de jour en jour. L'univers est enfin dans son propre courant, dans son énergie originelle. Sans aucun effort il avance vers plus et plus.
En cc, les combats intérieurs et extérieurs cessent totalement puisque la réponse à tout problème est d'être illuminé en soi. Toute l'illusion d'un travail extérieur pour changer l'humain disparaît. Tous les efforts multimillénaires qui ont été faits pour améliorer les civilisations se produisaient en réponse à notre ignorance fondamentale, celle de ne pas connaître la conscience de l'Être. Nous avons créé des idéaux sociaux, politiques, religieux, etc., par incapacité de les vivre en nous-mêmes.
En cc, il reste en soi l'action juste, la liberté intérieure, l'ouverture de l'Être sur sa propre nature qui est félicité. Le succès matériel a repris sa vraie place. La gloire intellectuelle est sortie humblement par la porte de côté. Seule la lumière peut éclairer toute chose. L'Être est cette flamme qui ne s'éteint pas même si on souffle dessus. Il n'y a plus aucune adhérence à l'hypnotisme collectif dans cet état. Désormais il y a la vie, celle qui continue et continuera sans fin.
L'Être est entré dans l'action sans ambition. Il donne à chacun une nouvelle énergie, celle qui prend en considération la totalité. L'intellect devient inutile pour essayer de comprendre la vie car elle le dépasse de tous côtés. Il sera utile pour apprécier la vie. Le coeur servira à comprendre tout. Le coeur est finalement libéré de toutes ses attaches, de toutes ses convoitises, de ses inquiétudes inutiles. Il est satisfait de sa source de félicité intérieure.
MAINTENANT, à ce stade-ci de l'évolution de la conscience, quelque chose de vraiment différent va commencer à se produire. Une transformation à cent pour cent va se produire, car l'état de la conscience cosmique est désormais établi bien solidement. Le relatif a été complètement séparé de l'Être absolu.
Maintenant va commencer LE GRAND DÉBORDEMENT de l'Être. Ce grand débordement n'aurait jamais pu débuter avant que la conscience cosmique n'arrive. La grande séparation de l'Absolu et du relatif devait être accomplie en premier, sinon l'esprit individuel serait retombé dans ses anciennes habitudes, il aurait repris les limites d'auparavant, il serait retourné dans ses croyances et il se serait raccroché à ses idéaux, tous extrêmement intellectualisés et « émotionnalisés. » Maintenant, la situation est prête pour que quelque chose de différent se produise qui va réunir d'une autre façon ce qui avait été séparé par l'expérience de la découverte de l'Être transcendantal. Une nouvelle union va se faire, une qui n'effacera plus jamais l'Être et qui ne pourra plus jamais le cacher et le mettre à l'oubli. La félicité et la liberté de l'Être ne seront plus jamais ignorés à partir de maintenant.
Sur la base de la cc, l'Être va graduellement envahir le relatif qui est un amas de vide et il va le remplir de sa félicité. Le grand débordement de l'Être va provoquer LA GRANDE RÉUNIFICATION. Chaque vague de l'océan va être remplie avec la totalité de l'océan lui-même. L'Être va fusionner la vague et la profondeur de la mer. Il va marier le fini et l'infini, l'Absolu et le relatif, le mortel et l'immortel. Il va remplir la mort par la vraie vie. Il va rendre au monde phénoménal qui avait toujours été faux et illusoire la vitalité qu'il attendait. Il va mettre fin au rêve des bonheurs d'occasion et ouvrir grands les yeux de la réalité cosmique.
Le vide (le relatif, qui paraissait si plein avant) va être rempli d'autre chose que de faussetés et d'illusions. Le sommeil profond et inconscient va devenir rempli de la clarté de la pure conscience. Le rêve du quotidien, l'hypnotisme collectif, va finalement cesser et la vie va devenir éclairée par l'intérieur. La loi humaine va être remplacée par la loi cosmique de l'évolution permanente. L'Être va conférer à l'existence relative un nouveau sens, la sauver de la mort qui avait l'apparence de la vie.
À partir de la cc, la grande séparation de l'Être et du relatif a été accomplie. Grâce à la pratique de la Méditation transcendantale, l'ignorance, le doute, le péché, l'incertitude, la certitude, le génie et la folie, l'ordre et le désordre, l'insomnie, le sommeil, la conscience et l'inconscience, tout cela a été transcendé et l'esprit s'est établi dans sa source silencieuse. L'esprit a complètement cessé de poursuivre des rêves. Il ne peut plus jamais redevenir croyant de quoi que ce soit, car toute croyance est un mirage qui danse à l'extérieur de soi.
L'esprit individuel connaît désormais le Soi pleinement, UN, total, inébranlable, invincible, innocent, parfait. Il est devenu CELA. Il cherchait le bonheur, il est devenu le bonheur. Il cherchait l'abondance, il est devenu la créativité universelle. Il voulait la santé et il la possède dans l'éternité de l'Être. Il espérait trouver le Dieu de son âme, mais il EST ce silence éternel. Sa créativité a sa source dans l'Être. Il est la totalité de tout cela, du début jusqu'à sa non-fin. Il était ignorant et il était obligé de réfléchir longuement et de confronter ses propres conceptions avec celles des autres, maintenant il est ce qui est naturel, simple, sans effort et il ne peut plus jamais se tromper. Il n'a plus d'erreur en lui. Tout est si naturel, si vrai, si bien intégré, si facile, si bon. Il a oublié la manière de souffrir.
Maintenant que son illusion a été détruite par l'application du baume de la transcendance, maintenant que l'Être est connu, la fusion va commencer et l'union va être réalisée, enfin. L'Être va nourrir les racines de la vie. Il va remplir le relatif de sa force. Il va être le nouveau soleil de la vie. Il va mettre l'homme en contact avec la totalité. L'homme n'aura plus le péché originel puisque l'origine est enfin connue en lui grâce à la technique de transcendance, la Méditation transcendantale. Quelle joie de s'éveiller à l'état de la conscience cosmique. Quelle joie de voir arriver le grand débordement de l'Être qui remplit le relatif et le réunifie à sa source. Maharishi dit que la conscience cosmique est l'état normal dans lequel tout être humain devrait vivre sa vie. À partir de cet état, toutes les portes de la liberté vont s'ouvrir et le domaine de toutes possibilités de la conscience va enfin pouvoir s'exprimer. Deux autres états supérieurs de la conscience vont pouvoir se développer maintenant et couronner la vie de félicité et de force créatrice.