Janvier 2012

De la cc à la cd.

CC = conscience cosmique. C'est le cinquième état de la conscience, après le sommeil profond, les rêves, l'éveil actif et l'état transcendantal. La cc est le premier état de la conscience où la réalité transcendantale de l'Être (la conscience absolue) est perçue de façon permanente et non plus uniquement lors de moments de profond silence durant la pratique de la Méditation transcendantale. La cc arrive automatiquement suite à l'alternance de la MT et de l'activité quotidienne. La conscience cosmique ne s'efface plus jamais et elle dure indépendamment des trois états relatifs de la conscience (sommeil, rêves et éveil actif).

cd = conscience divine. C'est le sixième état de la conscience, souvent appelé par Maharishi : la conscience cosmique exaltée.

Voyons en quelques paragraphes en quoi consiste l'expérience de la conscience cosmique. Ensuite nous pourrons comprendre comment cet état évolue et se transforme pour rejoindre l'état glorieux de la conscience divine.

À partir de la conscience cosmique tout reste pareil pour ce qui est de l'expérience de la conscience infinie. La réalité transcendantale est maintenant connue en permanence et elle ne peut plus disparaître. C'est la première grande étape de la réalisation de l'illumination de la conscience. La conscience est connue dans sa forme absolue. Elle est l'Éternel, l'Infini, l'Origine, l'Un, l'Immuable. La conscience de l'Être transcendantal ne fait alors plus partie de la relativité de la vie phénoménale. Elle en est séparée. Elle est le témoin de tout ce qui est changeant.

À partir de la conscience cosmique, seules les phases relatives (le corps, l'esprit, les sens de perception, les paroles, la pensée, les rêves, etc.) peuvent continuer de changer et de se transformer. L'Être reste désormais inchangé car sa nature transcendantale est immuable, par delà tout changement.

Avant l'arrivée de la cc, chacun a une connaissance de son être individuel, mais celle-ci est mélangée avec les pensées et les perceptions sensorielles. L'être individuel n'est pas encore perçu au plan de l'Être transcendantal. C'est comme si un arbre n'était conscient que de ses branches et qu'il ignorait qu'il a des racines parce qu'elles sont enfouies sous terre et qu'il ne les voit pas. Avec l'arrivée de la cc, l'être est perçu dans toute son étendue, à partir de sa surface active jusqu'à sa source transcendantale. Un autre exemple : une vague découvre qu'elle a l'océan à sa base. Elle était convaincue qu'elle était de telle hauteur, de telle largeur, qu'elle avançait à telle vitesse et qu'elle contenait uniquement une certaine quantité d'eau. Mais elle découvre qu'elle est immense, illimitée. Voilà ce qu'est sa double réalité, limitée et illimitée à la fois. Avec l'expérience de la conscience transcendantale l'être individuel découvre qu'il est l'Être infini, la conscience cosmique.

La cc est inimaginable tant qu'on ne la connaît pas comme expérience directe. Elle n'a rien à voir avec le fait de philosopher de telle manière ou non, de savoir ceci ou de l'ignorer, d'être éveillé ou endormi, intelligent ou simple d'esprit. La cc est une expérience qui dure sans fin, elle est immortelle. Elle est quelque chose d'extraordinaire, d'unique, mais de simple et de naturel.

On peut dire qu'elle est une expérience « surprenante. » Elle fait tellement contraste avec tout ce qui était connu avant. Dans le passé, notre être était confondu à l'activité mentale et sensorielle, ainsi qu'à nos comportements limités. Maintenant, notre être est devenu l'Être et il se trouve à la source de la pensée. Il faut du temps pour s'habituer à ce nouvel état de conscience. Rien ne peut nous y préparer puisque tout ce que nous aurions pu en savoir fait naturellement partie de la pensée ou de l'imagination. C'est pour cette raison que cette expérience de la cc est « surprenante. »

Toute cette évolution se réalise naturellement et spontanément avec la Méditation transcendantale pratiquée chaque jour. Le système nerveux évolue avec aise grâce au repos profond qui accompagne la méditation. L'Être n'est pas touché par l'activité et il ne subit aucune usure, aucune fatigue, aucun vieillissement, aucune transformation. Avant que la vision de Dieu n'apparaisse, il y a une formidable évolution qui débute avec l'arrivée de la conscience cosmique et culmine avec la conscience cosmique exaltée. Ainsi se développe la perception céleste de toute chose. Les pensées de Dieu prennent  forme devant le regard de la personne qui a purifié son système nerveux au point de voir la réalité céleste de l'univers en chaque expérience quotidienne.

Cette évolution ne se fait pas à partir de pensées positives et d'humeurs voulues et dirigées. Aucune manipulation des pensées, aucune attitude mentale, aucune explication sur la nature de la vie et de Dieu ne peuvent rien y faire. Cet état vient par la présence prolongée, permanente, silencieuse, subtile, de l'Être infini en soi. Celui qui est riche peut acheter beaucoup de choses mais ce n'est pas en achetant une foule d'objets qu'on devient riche. La pensée positive, la contemplation de Dieu dans les paysages de la nature, les bonnes attitudes, les bonnes habitudes de penser, les choses inspirantes, l'étude des paroles divines ou des textes de sagesse, l'effort pour être vertueux, la générosité, la compassion pour ceux qui souffrent plus que soi-même, et tant d'autres bonnes actions dans le monde, ne font pas avancer la vie vers la conscience cosmique car celle-ci est l'expérience de ce qui transcende toute action, toute pensée, toute énergie, toute compréhension, toute croyance, toute émotion, tout talent, tout effort vers le bien ou contre le mal. La transcendance est le pas essentiel qui donne accès à la conscience cosmique qui donne accès à la conscience divine.

Sur la base de l'Être qui est témoin de toute chose, la conscience cosmique va grandir jusqu'à ce qu'elle soit exaltée. C'est la conscience absolue qui fait avancer le relatif. Ce n'est pas le relatif qui avance vers l'Absolu. Il n'en a pas la force. Le relatif est ignorant, il ne sait presque rien. Il dort 7 ou 8 heures par jour, perdu dans l'inconscience. Il est prisonnier des rêves de la nuit. Le reste du temps, il est attaché à des conditionnements de toutes sortes, il est limité à certains souvenirs, il est l'esclave de ses désirs, il est condamné à douter, à souffrir, à rejeter, à critiquer. Il vieillit à chaque jour qui passe. Le corps s'use vite. Il peut être malade. Sans la présence de la conscience absolue pour faire avancer la vie relative jusqu'à la perception céleste, la vie ordinaire est bien faible. Elle cherche son bonheur de tous côtés, sans le trouver facilement. Voilà pourquoi la conscience transcendantale est le fondement de l'illumination, et non pas des émotions pieuses envers Dieu. La Méditation transcendantale est la route qui mène à cette destination, la libération des trois états relatifs de la vie.

Sans la conscience transcendantale infinie, le relatif resterait éternellement et ridiculement vide et insignifiant. C'est ce qui fait que l'humanité ne sort jamais de la souffrance et de la bêtise, quoi qu'elle fasse pour évoluer les sociétés et transformer les époques de siècle en siècle. Fondamentalement, seule l'action de l'Être transcendantal donne l'illumination des états supérieurs de la conscience. L'illumination est une augmentation constante de l'influence de l'Être sur la vie relative.

Quelqu'un m'écrivait récemment pour me dire que pour avancer de la conscience cosmique vers la perception céleste de la conscience divine, il fallait « apprécier de plus en plus la vie quotidienne. Cette personne me disait de cultiver le sentiment d'appréciation de « ce qui est. » [...] « Une façon subtile et efficace pour animer ce sentiment est de cultiver la gratitude, de manifester notre gratitude plusieurs fois par jour. Il faut en arriver à percevoir ce jeu de la dualité de la vie et la remplacer par la perception de l'unité de toute chose. [...] Bien sûr, la vie manifeste est une suite d'enchaînements de cause à effet, mais en cela aussi, elle est parfaite. Au moment même où tu lis cette ligne, si tu peux saisir ne fusse qu'une seconde à quel point l'instant présent est parfait, la proéminence de la dualité Soi/non Soi ira rapidement en s'estompant. Recule un peu et regarde ton écran d'ordinateur dans sa totalité. Il est parfait ...! »

Évidemment, de tels conseils sont inutiles pour développer l'état de la conscience divine à partir du niveau de la conscience cosmique. Ce n'est pas en faisant des efforts valeureux et sincères, au niveau de l'esprit individuel, et des émotions, des sentiments, des comportements, des pensées, des attitudes, des paroles, etc. pour apprécier la vie relative que la perception céleste va se développer en soi. Encore moins la perception unifié de l'Être dans le septième état de la conscience. Selon moi, les conseils prodigués par cette personne pour aider ceux qui veulent réaliser la conscience divine, ne valent rien de plus qu'un effort inutile de transformation des humeurs au plan émotionnel et intellectuel dans le troisième état de la conscience. De tels efforts de modification des attitudes pour interpréter la vie et l'apprécier mieux, ne sont que de l'ignorance déguisée en belles paroles et en beaux efforts, mais ils ne représentent pas l'état infini de la conscience cosmique, là où l'Être éternel, l'immortel, l'intemporel, cohabite avec les petits détails de la vie ordinaire au plan relatif du vécu quotidien et les élève au plan de la vision divine, par l'augmentation de l'amour transcendantal en action silencieuse au coeur de la vie.

En conscience cosmique, l'infini règne sur son propre royaume, qui est la totalité de l'existence éternelle et relative. La conscience cosmique devient l'unique conscience sur laquelle se déroulent toutes les vagues de la vie changeante, le sommeil, les rêves et l'éveil actif. La conscience cosmique ne dort jamais. Elle ne rêve jamais. Elle n'a pas besoin de penser pour comprendre tout ce qu'elle est dans l'étendue illimitée de l'existence. Tant qu'une personne n'a pas l'expérience de la conscience cosmique, elle est nécessairement en relation avec une image de la vie, une image qui se reflète sur son système nerveux sous la forme d'activité mentale et les perceptions sensorielles. Tout ce qu'elle pense, aussi intelligent que cela puisse paraître, n'est qu'une image se reflétant sur un miroir d'ignorance.

Le relatif contient déjà le céleste mais celui-ci est caché parce que la perception n'est pas assez fine pour le percevoir en toute circonstance. Le relatif ne peut rien faire par lui-même pour élever la conscience. Seul l'Absolu soulève le relatif pour le rapprocher de l'Être. La transformation de la cc à la cd se passe au plan relatif de la vie mais elle n'est pas causée par le relatif lui-même. Seul l'Absolu peut rendre céleste la perception du relatif. Seul l'Absolu peut rendre illimitée la connaissance du relatif. Par lui-même, le relatif est ignorant de tout. Il ne sait pas comment se dépasser. Il ne sait pas comment évoluer. C'est sa source infinie dans l'Être qui le pousse à évoluer, à se transformer. Par lui-même, le relatif ne réussirait à s'auto glorifier que dans le domaine de l'ignorance. Il ne peut pas deviner ce qu'est la conscience divine. Il ne peut que procurer des exaltations sensorielles ou intellectuelles mais aucune de ces exaltations ne conduiraient à la création de la conscience-témoin, telle que celle qui est connue en permanence dans l'état de la conscience cosmique. Seule cette conscience-témoin, cette conscience infinie, hors limite, guide le système nerveux vers la vision cosmique sur un fonds d'illimité dans la conscience.

Sans la conscience transcendantale, sans l'Absolu, il y aurait probablement dans la vie de certaines personnes des moments qui contiendraient des perceptions vastes, des élargissements de la perception, des visions des régions subtiles de l'univers, mais celles-ci seraient impuissantes à dévoiler ce qui les transcende toutes. Elles seraient ignorantes de ce qui les unifie et leur donne existence, et elles ne pourraient pas montrer la réalité de l'Absolu transcendantal. De telles visions très élevées pourraient même devenir un empêchement au progrès de la découverte de la dimension transcendantale car ces visions exaltées deviendraient le champ de concentration des expériences et elles stimuleraient la naissance du désir de les voir se répéter, durer plus longtemps et grandir davantage. Cet attachement aux expériences intellectuelles ou sensorielles deviendrait un boulet pour l'intellect humain.

Mais avec l'établissement de la conscience cosmique, l'Absolu dirige chaque étape du développement de la perception céleste et de l'épanouissement du coeur. Lorsque l'Absolu et le relatif se tiennent côté à côte, tous deux remplis de lumière, celle céleste et celle transcendantale, celle de la matière glorifiée dans la création et celle qui appartient à l'Être éternel, alors le visage et l'intelligence de Dieu, ainsi que son pouvoir apparaissent dans le lieu non actif qui se tient exactement dans l'espace entre l'Être qui est une pure conscience créatrice, mais impersonnelle, et la création glorifiée d'amour, de  beauté, d'ordre, de pouvoir à leur maximum.

Le mécanisme de cette transformation vers la conscience divine réside uniquement à l'intérieur de l'Absolu. Il n'appartient pas à l'énergie de la relativité dans la création phénoménale. L'exaltation de la conscience cosmique se fait sur la base de l'expansion transcendantale. Cela épanouit le coeur. La dévotion, l'amour, le service sont les trois principales qualités de cette transformation. Le coeur est comblé dans la félicité de l'Être. L'amour est le flot spontané de la vigilance infinie de l'Être qui ne connaît pas d'obstacles ni de différences entre lui et le monde de la relativité. Le fossé qui sépare l'Être transcendantal et la relativité des événements et des perceptions est maintenant réduit à presque rien. Dieu unifie l'Être et la création. L'amour est le chant du bonheur qui ne connaît pas d'obstacles. Le service est l'action de l'Intelligence cosmique pour l'évolution de toute chose. Le service est l'élargissement du territoire d'influence illimité de l'Être dans sa création.

Maharishi dit : « La dévotion est la forme la plus simple de la conscience. Elle est totalement naturelle. Il n'y a rien de plus vrai que cela, rien de plus innocent, rien de plus divin. La dévotion n'est pas une chose à laquelle on peut s'exercer. Elle n'est pas une pratique. Elle est la dignité spontanée d'une vie qui a été purifiée. »

Dans son commentaire sur la Bhagadvad Gita, Maharishi écrit, au chapitre six, verset 30 - (extraits)

« Cette relation directe de l'homme avec Dieu s'établit d'abord au niveau de l'Être, puis s'installe au niveau du sentiment. Elle pénètre ensuite le domaine de la pensée et s'étend jusqu'au niveau sensoriel de l'expérience. Dieu imprègne ainsi tous les niveaux de l'existence humaine. L'homme vit dans le sanctuaire de Dieu. Sa vie repose dans l'amour, dans la béatitude, dans la sagesse de la conscience-de-Dieu. Il vit dans le royaume de l'existence universelle. Il marche sur terre mais demeure cependant dans le royaume de Dieu, sur la terre divine de l'Être loin au-dessus de la vision humaine, bien au-delà de la pensée humaine.

C'est en transcendant la pensée que l'on cultive cet état bienheureux de la vie. Le fait de penser à Dieu possède certes une valeur particulière, celle de remplir l'esprit d'une pensée agréable. Mais ce comportement ne peut créer l'état désiré. Transcender la pensée a infiniment plus de valeur que penser. Que l'esprit transcende donc la pensée et qu'il pénètre dans ce royaume de pureté absolue qui est la demeure de Dieu. Penser à ce domaine, c'est perdre son temps à un niveau superficiel de la vie. La pensée tient l'esprit éloigné de ce royaume béni. Penser à du pain n'en donne pas le goût, ni ne remplit l'estomac. [...] L'homme ne se contente de penser à Dieu ou d'essayer de sentir sa présence, que lorsqu'il Le connaît mal et ignore comment se frayer un passage à travers le domaine de l'expérience phénoménale et comment pénétrer dans le royaume de la béatitude transcendantale, dans le pur royaume du Tout-puissant. [...] Le secret de la réalisation-de-Dieu, c'est de transcender la pensée de Dieu. La pensée qui reste pensée obscurcit la conscience-de-Dieu. De même, les émotions cachent cette bénédiction qu'est la béatitude. La pensée de Dieu trouve son accomplissement dans sa propre extinction. Et l'émotion doit également cesser pour que le coeur puisse s'emplir de l'amour infini de Dieu.

[...] Ce développement total des facultés du coeur et de l'esprit rend l'homme capable de comprendre et de vivre l'Être divin. La relation existant entre l'absolu non-manifesté et l'Être manifesté se dévoile alors d'elle-même et l'on en vient à faire l'expérience du Dieu personnel au niveau des sens. Le Dieu personnel devient la Réalité vivante de la vie quotidienne. Tous les objets de la création reflètent alors la lumière de Dieu comme étant un aspect de son propre Soi. »

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Jai Guru Dev