(Décembre 2008)
- « Que dis-tu? Qui es-tu? »
- « Même si tu devais vivre un millier d'années et ne jamais t'arrêter d'apprendre, tu ne saurais à la fin qu'une partie infinitésimale de tout ce qui existe dans l'univers. »
- « Mais monsieur, si nous voulons un jour éliminer l'ignorance qui se trouve en nous, ne faut-il pas apprendre le plus de choses possible? »
- « Si ton désir est de réellement éliminer l'ignorance qui se trouve dans ton être, alors viens avec moi et je te montrerai la façon la plus rapide de tout connaître. »
Ils marchèrent ensemble quelques heures le long d’une rivière qui coulait non loin de là et bientôt le vieil homme indiqua la hutte où lui-même habitait depuis de très nombreuses années. Cette simple hutte ne contenait évidemment rien qui pourrait nourrir un intellect avide de connaissances; il n’y avait là aucun livre. Que quelques plats et une natte où s'étendre pour la nuit.
- « Lorsque je t'ai vu, j'ai senti que je pouvais t’enseigner l’essentiel de ce que j’ai moi-même appris au cours de ma longue vie. Je vais maintenant te léguer le trésor de mes connaissances les plus précieuses. »
Le vieil homme pointa de la main dans la direction d'une clairière naturelle.
- « Tu vois le gros arbre là-bas? Grimpe sur ses branches et va me chercher un de ses fruits. »
Le jeune homme se rendit à l'endroit indiqué et il monta dans l'arbre géant. Au bout de dix minutes, il arriva avec dans ses bras un fruit de cet arbre géant.
« Maintenant, ouvre ce fruit en deux et dis-moi ce que tu y vois. »
Le jeune homme brisa l'écorce du fruit qui s'ouvrit aussitôt. Une moitié ouverte du fruit reposait maintenant aux pieds du vieil homme.
- « Que vois-tu dans ce fruit? »
- « Je vois des dizaines de petites graines. »
- « Prends une de ces graines et ouvre-la, puis dis-moi ce que tu y découvriras. »
Chaque graine était minuscule et on aurait pu en tenir cinquante au creux d’une seule main. Le jeune en ouvrit donc une et, à sa grande stupéfaction, il découvrit qu'elle était totalement vide. Cette graine n'était en réalité qu'une enveloppe qui ne contenait rien du tout, un peu comme la peau d'un ballon ne cache que de l'air au-dedans.
- « Tu vois, l'arbre géant dans lequel tu as grimpé tout à l'heure est sorti de ce vide. »
- « Que veux-tu dire, vieil homme? Que dois-je comprendre de ce que tu veux m'enseigner? »
- « L'origine de cet arbre est cette graine. Le but de tout le travail de l'arbre est de créer d'autres graines semblables à celle qui l'avait fait naître lui-même en premier. Chacune de ces graines est vide mais l'arbre qui en sort est colossal.
L'univers est un arbre dont les branches s'étendent dans l'infinité du temps et de l'espace. La sagesse suprême enseigne qu'il est uniquement possible de connaître l'univers lorsqu'on étudie soigneusement la graine de cet univers. Cette graine paraît vide, mais elle ne l'est pas vraiment. En réalité, elle est remplie de l'Intelligence qui a tout créé.
Chaque humain possède à l’intérieur de sa conscience la graine de l'univers entier. Il suffit de savoir comment ouvrir cette graine et en sonder le contenu ultime pour découvrir que son vide apparent contient en réalité tout le pouvoir créateur de la vie universelle. Le vide intérieur est le silence de la conscience en repos »
Dans les jours qui suivirent, le vieil homme enseigna à son apprenti l'art de la transcendance par la méditation simple. Puis il invita le jeune à rester dans sa hutte pendant qu'il irait faire un voyage dont il ne dit aucun détail.
Le jeune homme habita la hutte de son maître de méditation et il resta longtemps dans cette contrée où poussaient des arbres immenses et où la rivière coulait si paisiblement qu’on ne l’entendait pas chanter. La pratique de sa méditation quotidienne lui apprit la totalité de l'universelle existence. Il découvrit que la conscience éveillée dans sa propre dimension infinie est la graine d'où cette totalité jaillit. Il put alors poser en lui-même toutes ses questions et recevoir toutes les réponses désirées. Il put connaître ce qui était trop petit pour les yeux et trop grand pour le corps. La totalité universelle était maintenant en son être et il pu finalement jouir de la connaissance et de l'existence totale.
(Cette histoire est inspirée d'un conte antique de l'Inde que Maharishi avait un jour prit plaisir à raconter pour illustrer où se trouve la connaissance complète)