CERTAINS POÈMES

 

Certains poèmes ne prennent forme que sur le sommet de la mer

Ils sont écrits à l’encre blanche sur une ligne de gris

 

La poésie des océans est sans pareille

Il faut des décennies

Allongés sur le ventre des sables

Pour en lire quelques lignes

 

Celle du firmament la nuit est toujours reconnaissable

Elle laisse une trace lactée

Une route blanche et profonde traverse nos âmes

 

Celle de l’air demeure sans fin secrète

Ayant tout entendu que rien ne se répète

 

La poésie ne cesse de trouver des mots

Trop vastes pour être jamais écrits

Cependant que les rivières replissent des pages et des pages

Elles écrivent dans les prairies

De longues phrases que les nuages poursuivent

 

Il existe des moments qu’aucune mémoire ne pourrait effacer

Personne ne sait l’instant où il sera émerveillé

Le silence est devenu mon cœur

Et plus rien ne me quitte